La complexité qui s'y accroche résulte de ses différentes origines : le pharmacien et l'ingénieur en parlent, l'historien retient l'édit de Nantes, le sociologue la préconise pour le bien-vivre ensemble ; enfin les philosophes s'en emparent et y transportent les préoccupations de leurs époques : Voltaire, Spinoza, Locke ou Kant pour, respectivement, la liberté d'opinion, l'idée de république, la séparation église-état ou la défense de la pluralité.
Pour beaucoup la tolérance se pare de vertu mais d'autres se désolent de la condescendance qu'elle véhicule et craignent un "fait du prince" bien peu démocratique. Tout en effet n'est pas lisse : lâcheté pour Sade, cynisme pour le Clémenceau "... des maisons pour ça", égoïsme pour Comte-Sponville.
La complexité s'enrichit en outre de deux méchants nœuds de raisonnement : le premier est le paradoxe de Popper qui prédit l'anéantissement des tolérants supportant les intolérants et le second, le cercle vicieux consistant à limiter la tolérance à l'intolérable.
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