Nous sommes là dans le champ sémantique de l'ordre ; d'abord repérons quelques faux-amis : le pouvoir en tant que basique possibilité de faire, les autorités qui représentent l'État et le simplisme.
Le pouvoir est essentiellement associé à la règle ou au statut ; l'autorité évoque aptitude naturelle ou compétences. L'armée et la religion essayent de se présenter sous les deux formes du pouvoir et de l'autorité.
Dans un balancement presque poétique, certains disent que le pouvoir impose et que l'autorité propose ; d'autres encore énoncent que le pouvoir se conquiert tandis que l'autorité est acquise.
Relevons que l'autorité résulte d'une forme d'accoutumance ou d'apprentissage. Reste en suspens l'influence de l'origine du pouvoir sur sa latitude.
La conjugaison de la simplification avec le pouvoir évoque à la fois (et curieusement) dictature, anarchie ou coopération. La conjugaison avec l'autorité donne pédagogie, démarche vers l'autre.
Passons maintenant à la réalisation et à l'exercice du pouvoir et à ceux de l'autorité
Dans l'exercice du pouvoir, la simplification génère les raccourcis des ordres. Dans l'exercice de l'autorité, la simplification prodigue les raccourcis de l'acceptation.
Ainsi la simplicité renforce l'autorité par la transparence.
4 commentaires:
attention à la simplification dans l'exercice du pouvoir et de l'autorité, car nous humains, nous sommes sacrément tordus (ou complexes comme l'on voudra).
"On peut débattre des notions d'autorité et de pouvoir mais y adjoindre la simplification cela me parait trop compliqué. ;-) Regardons tout simplement ceux qui se sont penchés sur la question et qui font autorité en la matière et d'après différentes approches (philosophiques, politiques, sociologiques, psychologiques, ...) et des auteurs variés (Weber, Crozier, Friedberg, Dahl, Arendt...).
A propos de l'autorité, Max Weber, philosophe (1864-1920), distingue trois formes d’autorité :
1. l’autorité traditionnelle, fruit des mœurs et des coutumes du passé, qui est subordonnée au pouvoir politique,
2. l’autorité rationnelle d’une fonction officielle, qui a été confiée à un individu en vertu d’une compétence attestée et selon le critère légal de règles fixes connues de tous
3. l’autorité charismatique d’un individu à qui l’on prête des qualités exceptionnelles.
Selon Hanna Arendt « l'autorité diffère du pouvoir autant qu'une relation coopérative diffère d'une relation compétitive. » Le pouvoir se garde, se conquiert. L'autorité est donnée.
Le pouvoir aurait trait à l’espace, l’autorité au temps. Ces deux notions sont étroitement liées.
* La notion d’autorité semble avoir une relation avec celle de droits et de devoirs mais relie également une expertise fiable dans celui qui la possède.
* L’idée de pouvoir, au contraire, est intimement connectée avec la capacité de réaliser des actions.
Selon le politologue américain Robert Dahl, le pouvoir est la capacité à obtenir d’une personne un comportement ou une conception qu’elle n’aurait pas adoptée sans intervention extérieure. "A exerce un pouvoir sur B dans la mesure où il obtient de B une action Y que ce dernier n’aurait pas effectué autrement"
Le propos de Crozier et Friedberg (sociologues français) est plus nuancé. Pour eux, le pouvoir est le "résultat contingent de transactions entre plusieurs individus". Le pouvoir résulte de la négociation entre des parties qui échangent et s’adaptent les unes aux autres. Ainsi, dans la relation entre A et B, « le pouvoir de A sur B correspond à la capacité de A d’obtenir que dans sa négociation avec B, les termes de l’échange lui soient favorables ».
D'un point de vue psychologique, l'autorité est une influence imposée aux autres pour les faire obéir. Elle est nécessaire aux enfants comme l'affection sous peine d'entrainer des perturbations ultérieures. Elle doit être dosée, bienveillante, comprise.
Voilà j'ai essayé de faire simple.
J'oubliais aussi à propos d'Hannah Arendt, elle a dit fort justement : "L'autorité c'est la capacité d'obtenir l'obéissance sans recourir à la contrainte par la force ou à la persuasion par arguments,» et à propos de la formule "rendons à César ce qui est à César" l'Église romaine a conservé pour elle l'autorité tout en reconnaissant à l'État le droit d'exercer le pouvoir.
Enfin pour terminer cette réflexion : Détenir le pouvoir ne confère pas toujours de l'autorité et avoir de l'autorité ne signifie pas toujours détenir le pouvoir."
J'ai envie de proposer une approche très basique.
Un pouvoir, une puissance donnés sont définis par un ensemble de règles qui décrivent leur champ et leurs moyens d'action.
Parmi ces règles il existe un sous ensemble particulier qui codifie comment sont exercées les relations hierarchiques entre ces règles, l'autorité.
Dans la recherche de simplification d'un pouvoir, la diminution du nombre des règles est une des pistes. Appliquée au sous-ensemble "Autorité" on vérifie dans ce cas que la simplification de l'autorité simplifie le pouvoir.
BON DEPART
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